Ecriture


Je suis de nature assez bordélique. En fait, je suis ultra organisée pour ce qui touche les papiers pour la simple et bonne raison que si je ne le suis pas, je perds tout, je pose tout un peu partout, j’ai une mauvaise mémoire, je ne me rappelle plus, et me voilà à avoir égaré un document que quelqu’un va juger important alors que moi je le considérais comme complètement inutile. L’ordre est ma bouée de sauvetage au chaos qui règne réellement dans ma tête.
Pour survivre dans ce bas monde, je me suis donc imposé un système de rangement. Malheureusement, cette minutieuse organisation (qui, quand je ne le fais pas a pour résultat que je n’ai pas la moindre de quel papier on peut être en train de me parler) ne s’applique pas à mon moi écrivain.

Si j’écris de la SF, il y a plusieurs raisons : la première est assez évidente, je n’ai que des idées de science-fiction. Ce n’est pas forcément original, mais c’est quasiment tout ce qui me vient à l’esprit. Ça ou du fantastique. Donc autant dire que le magnifique texte que je publie actuellement (En Transit) ne représente pas du tout ce que j’écris normalement.
Ensuite, je hais les recherches. Après trois ans en licence d’histoire, c’est assez risible. Après avoir passé plusieurs années dans les livres, continuant assidûment à bousiller ma vue, c’est franchement navrant. Mais, c’est ainsi. Dès que j’ai tenté désespérément de partir dans un sujet où il impliquait de lire, de faire un travail de fond, j’ai échoué lamentablement.
J’écris malheureusement ou heureusement à l’impulsion. Oublier la vision J.K. Rowling ou Dan Brown que vous pouvez avoir de l’écrivain, moi je fonctionne comme David Kemper le disait si bien sur Farscape : on a le début, on a la fin, il ne nous manque que le milieu.
Eh bien, je suis exactement comme ça. Je suis parfois Douglas Kennedy, et c’est 500 mots par jour. Je ne planifie quasi rien, j’écris spontanément. Cela donne souvent naissance à des erreurs, impliquant alors un travail de relecture plus poussé. Mais pire, impliquant un travail en cours d’écriture.
Comme c’est de la science-fiction, quand je crée un personnage, je cherche le nom au moment où j’écris le passage, j’essaie de trouver un nom à la con à une technologie sûrement déjà vu, mais où il faut essayer de créer une différence directement sur le papier. J’invente des extra-terrestres au filing, et comme ça viens.
Résultat : je suis au chapitre 5, soit plus de 50 pages de word derrière moi. Un nombre incalculable de noms de personnages écrit, au moins plus d’une dizaine de technologies évoquée, quelques évènements historiques de fortes importances, je ne sais plus combien de peuples abordés de près ou de loin, et le moment de frustration arrive. Celui qui me dit que si je ne mets pas à faire un tri dans ce bordel, je vais obligatoirement faire une connerie. Je la ferais, c’est sûr, mais si elle peut être de moindre importance, c’est fort agréable. Alors me voici à créer des fichiers Excel et Word à tour de bras, où il faut essayer de réunir les informations fournies, et je n’avais pas réalisé à quel point j’avais divagué, à quel point j’avais écris des trucs complètement futiles, mais que si j’oublie, tueront la crédibilité de l’univers. Il faut que cela soit logique. On ne peut pas se permettre de donner une spécificité ou une information et ne pas l’exploiter. J’avais une frise chronologique, qui a du voir le jour au cours du deuxième chapitre, sur mon carnet Pimboli, j’écris mes idées à venir, je listais les noms de tous les personnages de la station, j’écrivais vaguement les spécificités allant avec les espèces, je marquais même dans quel chapitre j’évoquais la technologie pour la première fois. Seulement, quand on écrit, on ne pense pas toujours à s’arrêter pour le marquer dans le carnet magnifique, qui détient depuis le chapitre 3 ou 4 la trame générale de l’ouvrage. Mes magnifiques créations alimentaires ne sont pas à jour. Le temps qui défile, les détails fournis, c’est de la folie totale, et cette folie est en bordel pure et simple. Je vais en louper la moitié, mais en attendant, je tente désespérément de mettre de l’ordre dans mon cerveau, dans la case ‘roman en cours d’écriture’, de ne pas égarer trop de données et de penser que tout ce que je fais là, je suis censé l’exploiter par la suite, et que le pauvre pèlerin dont je me fais chier à créer une fiche pour sa personne, c’est pour qu’on puisse le retrouver 50 pages plus loin. Si je n’oublie pas, bien entendu. Et c’est le plus difficile.

4

Sa première fois dans un aéroport est un peu comme toutes les premières fois. On ne les oublie pas. Depuis, April avait fait beaucoup d’allers-retours en avions, mais la première qu’elle avait posée les pieds dans un aéroport, elle s’en souvenait comme si c’était hier. Son père l’avait déposé en voiture devant l’entrée. Elle allait rendre visite à sa grand-mère, qui vivait dans le sud. Elle avait lacé ses chaussures rouges avant d’entrer. Tout lui paraissait immense. Elle n’était pas très grande pour son âge, elle faisait même plus jeune. Ses yeux étaient éblouis par ce qui l’entourait. On l’a bousculait, mais elle ne faisait pas vraiment attention. Entre les annonces, les passagers, les bagages, April ne savait pas où poser ses yeux. Elle avait tout fait comme on le lui avait dit : elle avait enregistré sa petite valise, avait attendu patiemment sur un siège, le regard rivé sur l’écran, s’était présenté à l’heure pour monter dans l’avion. Les hôtesses s’occupaient d’elle régulièrement. Son voisin était un homme d’une trentaine d’années, qui aurait pu être son père. Mais April se rappelait qu’elle l’avait trouvé souriant. Il lui avait parlé. Elle ne se rappelait plus précisément exactement de quoi, mais elle gardait en mémoire le sentiment d’émerveillement que cette discussion avait provoqué. C’était un journaliste. C’était le premier qu’elle rencontrait. Et il lui avait raconté une multitude d’histoires qui l’avaient fait rêvé. C’est ce jour-là qu’elle avait pris sa décision. Elle voulait faire comme le gentil monsieur à côté de qui elle était assise. (Lire la suite…)

3

Ryan observa les deux adolescents prendre l’escalator. Il alluma sa cigarette et inhala un grand coup. Il y avait mieux comme voyages de noces que d’attendre son avion dans un vieil aéroport. Il jeta un regard dans la pièce pour voir sa femme, Rachel, lire un magazine. Elle paraissait plutôt sereine. Ce n’était pas son cas. Pourquoi était-il aussi stressé ? Il devrait être heureux, surexcité, et pourtant ce n’était pas le cas. Il aimait vraiment sa femme, il aimait son travail, sa vie en général alors qu’est-ce qui clochait chez lui ? Il avait l’impression d’être au mauvais endroit, que sa place n’était pas ici, mais il n’arrivait pas à s’expliquer pourquoi. Il vit un homme s’approcher de lui. Plutôt grand, type méditerranéen, la quarantaine passée. (Lire la suite…)

2

Benjamin sentait qu’on mettait ses nerfs à rudes épreuves. Ses enfants se disputaient continuellement, il avait perdu un temps fou à l’enregistrement des bagages à cause d’un employé peu compétent et maintenant, on lui annonçait que son vol était retardé.
- Vous allez vous taire ! hurla-t-il à ses enfants.
Sa femme, Sarah, leur fit signe de se calmer, ce qui eut plus d’effets que toutes ses dernières réprimandes. Ses propres enfants se fichaient de tout ce qu’il pouvait dire.
Accoudé au comptoir d’information, il attendait que la jeune femme en ait terminé avec le couple de retraités pour que ce soit son tour.
- Bonjour, Monsieur. Je suis désolée, mais je ne vais pas pouvoir vous fournir d’informations supplémentaires, car à ce stade, j’en sais autant que vous.
Ses yeux descendirent jusqu’à sa poitrine pour lire son nom. Puis son regard se reposa sur les yeux bleus de la jeune femme.
- Lauren, comment savez-vous que je suis là pour ça ? demanda-t-il d’un ton calme.
- Car vous êtes tous là pour ça.
Le peu de voyageurs que l’aéroport contenait à cette heure-ci se retrouvait agglutinaient au point d’informations. Ils voulaient tous savoir pourquoi leur vol était retardé.
- Si cela peut vous rassurer, aucun vol ne va être annulé pour le moment. Ce n’est pas à l’ordre du jour.
- Pour le moment ? s’écria Benjamin. Et cela est censé me rassurer ? Charmante perspective.
Une voix appela la femme par son prénom. C’était un homme d’une quarantaine d’années, habillé dans un costume deux pièces. Elle lui fit signe d’aller au poste de police de l’aéroport qui se trouvait juste derrière. L’homme lui lança un regard à la fois énervé et exaspéré avant d’y aller. (Lire la suite…)

1

Cloué au sol. Vol retardé. Jake posa son sac de voyage à ses pieds et continua à fixer l’écran, dans l’espoir de voir les informations actualisées en sa faveur. Une voix annonça le retard d’un autre vol et quelques secondes plus tard l’écran fit de même. Il soupira. Pourquoi fallait-il que cela arrive aujourd’hui ? Il était parti de chez lui depuis plus d’un mois maintenant, en reportage photo avec April et tout ce qu’il voulait c’était se glisser sous des draps propres et dormir après une bonne douche bien chaude. Il ressentait la nostalgie du pays. À cause de son travail, il n’avait ni chiens, ni chats. Il n’avait même pas de poissons rouges. L’une de ses perspectives signifierait que quelqu’un soit en possession de la clé de son appartement pour pouvoir nourrir l’animal en question. Jake n’avait pas parlé à son frère depuis minimum deux ans. De toute façon, ce dernier ne vivait pas dans la même ville que lui. L’entente avec ses parents n’était pas au beau fixe et il n’avait eu aucune petite amie stable depuis un bon bout de temps. L’idée d’un animal de compagnie était plaisante, mais c’était une attache qu’il ne pouvait pas se permettre actuellement. Sa carrière de photographe commençait à décoller, de nouvelles offres s’étalaient devant lui et pour la première fois, il pouvait piocher et choisir de refuser si cela lui semblait bon. Quand sa situation se serait stabilisée, que son nom serait assez connu, il pourrait envisager de s’établir confortablement, d’acheter un chien, d’appeler la serveuse du café en bas de chez lui, mais pour le moment, rien de tout cela n’était à venir. (Lire la suite…)

J’en avais vaguement parlé, et je me décide enfin. Je vais donc commencer à publier une de mes archives romanesques.

Le livre s’intitule, comme indiqué dans le titre du post, En Transit.

Mon plus gros défi n’a pas été de remettre le nez dedans, non, cela je ne le ferais pas, - ce sera avec fautes mes amis! - mais de trouver comment faire la publication. Donc, ici, c’est présentation. Les messages s’intituleront :

- En Transit Chapitre 1
- En Transit Chapitre 2

Etc… Il y a 16 chapitres. Je ne suis pas sadique, je l’ai fini, alors j’y vais par coup de chapitre, dans la logique des choses, un tous les dimanches. Comme ça, vous pouvez ne pas venir ici un dimanche…

Si je le précise, c’est qu’avant, quand je publiais une histoire en cours d’écriture, je mettais une seule page à la fois. Ahhhh… Oui, j’aime être méchante.

Une Page va voir le jour (en haut, à droite, au dessus de l’image, pour ceux qui n’aurait jamais remarqué), s’intitulant comme le roman, et qui réunira les liens des messages que je posterais avec les textes.

Alors, maintenant, de quoi s’agit-il? D’un groupe de personnes attendant leur avion dans un aéroport. Le genre? Familial? Heu… Littérature française?

Je n’ai pas encore totalement résolu le mystère de la mise en page, il va falloir patienter un peu de ce côté là.

Pour en savoir plus, la suite, tout de suite…