Posted by: carol on: mars 30, 2008
Richard Mayhew est venu s’installer à Londres. Il a un appartement, un travail sans intérêt, une fiancée autoritaire. Une vie sans histoire qu’il ne fait que traverser. Jusqu’au jour où une jeune fille se retrouve devant lui, blessée, et lui demande de l’aide. Richard l’a ramène alors chez lui, et l’aide à se soigner. La jeune fille en question se nomme Porte et va provoquer involontairement un grand bouleversement dans la vie de Richard. En lui demandant de l’aide, elle va faire basculer sa vie.
Richard va alors se faire largué par sa fiancée, mais pire, les gens ne le voient plus. On loue son appartement, son bureau de travail disparaît. Personne ne le reconnaît. Richard semble n’avoir jamais existé.
Il va alors partir à la recherche de Porte et découvrir le Londres d’en Bas, monde souterrain, où une société féodale et magique se trouve. Richard se retrouve alors à aider Porte dans sa quête, qui cherche à comprendre pourquoi on a tué toute sa famille.
C’est le postulat de départ du premier roman de Neil Gaiman, une œuvre de fantasy urbaine, assurément bien plus connu de l’autre côté de la Manche. Il n’empêche pour les lecteurs du genre (fantasy/fantastique) et de comics, Neil Gaiman est une référence.
Dans la vie de l’auteur, une grande influence : Douglas Adams. Il a même écrit un livre sur le monsieur, c’est dire. Quoiqu’il arrive, difficile de le cacher, tant dans l’écriture que par certaines idées. Gaiman aime Adams, et il le lui rend bien.
C’est donc un style assez fluide, léger que nous avons, avec ce détachement digne d’Adams. Richard Mayhew est un homme paumé (comme pouvait l’être Arthur Dent), qui se retrouve propulsé dans un monde dont il n’avait pas idée de l’existence, qu’il n’aurait même pas imaginé.
On ne peut pas dire que l’on s’ennuie, loin de là, et on a perpétuellement l’impression d’aller de l’avant. Nos héros ne passent quasiment jamais deux fois au même endroit, exception faite du Marché Flottant, mais on a pu faire les touristes, vu qu’il se déplace. La première fois à Harrods, la seconde fois, dans le fameux HMS Belfast (pour ceux qui ne sont jamais allés le voir, ça vaut le détour).
À chaque avancée, une découverte. Nous sommes comme Richard, perdu dans ce monde, mais finalement, à notre place. À part qu’on le comprend plus vite que Richard. Et, comme ceux avec qui on est, on veut comprendre ce qui se trame.
Porte, fille de Portico, a le don d’ouvrir n’importe quelle porte, ou serrure. D’un point de vue personnalité, c’est une fille gentille et attachante.
Le marquis de Carabas est le roi des services. Il vous aide en échange d’une faveur. Et devoir un service a quelqu’un peut être très coûteux. Carabas s’est donc mené son monde. Je crois aisément que c’était mon personnage préféré.
Avec eux, Chasseur, garde du corps de Porte, pour veiller à sa survie. Directe et sans aucun second degré. Très efficace dans son style.
Notre groupe a souvent affaire à MM. Croup et Vandemar, duo de tueurs renommés, qui doivent liquider Porte, puis non, puis lui faire peur, puis l’amener en vie. Autant dire que le responsable de tout ceci ne facilitera pas le travail à nos deux assoiffés de sang qui aiment leur travail et le font avec grand professionnalisme.
Il n’y a pas grand-chose a reprocher au livre vu que tout y est : humour, suspense, action, mystère. Le dosage est impeccable et Neil Gaiman mène impeccablement la barque.
Seul bémol, car il y en a toujours un : la fin. La vraie fin, celle qui a lieu une fois qu’on a tout résolu. Celle qui rajoute quelques pages au livre, mais qui n’était peut-être pas totalement utile. Elle montre bien entendu l’évolution de Richard, comment il était avant, et ce qu’il est devenu, sa façon de voir la vie, et que finalement, il veut vivre sa vie. Mais voilà, tout ceci aurait pu être écourté, car tout ceci, on le savait déjà.
En conclusion, Neverwhere est donc un véritable incontournable de la fantasy urbaine. Original, captivant et intemporel.
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