The Wonderful World of Carol

Lars and the real girl

Publié par : carol le : février 27, 2008

Lars and the real girlInédit sur nos écrans, Lars and the real girl raconte l’histoire de Lars Lindstrom, jeune homme solitaire qui inquiète la femme de son frère, Karin, car il fuit le contact humain. Jusqu’au jour où il dit avoir quelqu’un, et cette personne se révèle être … une poupée !

J’aime beaucoup Ryan Gosling et c’est la principale raison qui m’a poussée à regarder le film. Ça, et la curiosité. Une grave erreur commerciale a été faite pour ce film indépendant. Il a été vendu avec le pitch suivant : un gars tombe amoureux d’une poupée.
On sait tous qu’il s’agit d’un sex toy, la poupée, cela n’est pas le problème. Le truc, c’est que ça parait quand même poussif, même pour un film indé. En fait, Lars est malade. Il est atteint d’une maladie mentale appelé delusion – ou illusion chez nous. Ce n’est pas expliqué en détail dans le film, mais en gros, arrivé à un certain moment, il s’agit d’un mélange, où le cerveau pense que quelque chose existe alors que dans la réalité ce n’est pas le cas. C’est comme ça qu’il pense que Bianca est un être vivant au lieu d’être une poupée.
Quand cela s’est-il produit ? Quel a été le déclic ? Guérira-t-il ? Ce sont des questions sans réponses.

Lars présente donc Bianca à son frère et sa belle-sœur. Il faut bien admettre qu’au début, il y a hésitation entre le ridicule et la peine. On ne sait pas si on doit avoir pitié de ce pauvre Lars, ou alors si c’est n’importe quoi. C’est là que le film réussit à merveille. Devant la situation, le docteur Dagmar dit qu’il faut considérer Bianca comme vivante. Et toutes les semaines, elle la rencontrera, occasion pour elle de s’entretenir, et d’aider Lars sans qu’il en soit réellement conscient. On ne peut pas lui dire qu’il est fou, il ne réalise pas le moins du monde la situation. Et quand son frère lui fait remarquer que Bianca n’est qu’une poupée, il fait comme s’il n’avait pas entendu, comme si Bianca lui parlait.
Alors, dans la petite ville où ils sont, il faut faire passer le message. Lars vient avec Bianca à l’église, va à une fête avec elle. Il faut spécifier que Bianca est en chaise roulante, ce qui aide à la crédibilité de l’illusion de Lars.

Les gens de la ville vont alors faire comme si Bianca existait réellement. Et c’est assez remarquable. Quelques blagues par-ci par-là, en général assez bonne, mais le film joue plus sur le côté communautaire, et touchant. Lars est quelqu’un de gentil, qui ne ferait pas de mal à une mouche. Il est juste extrêmement incompétent avec les autres, et ne supporte pas qu’on le touche (littéralement). Cela n’empêche pas que les gens autour de lui l’aiment, et s’inquiètent pour lui.
Réussir à rendre le pitch de base consistant, réaliste et émouvant, c’était quand même un pari difficile. Etrangement, on se surprend à suivre l’histoire, bercée continuellement dans une ambiance légère et mélancolique, et à se prendre de sympathie pour Lars. D’une certaine façon, le film offre un regard assez juste sur les problèmes mentaux, traité ainsi avec respect, et montre l’être humain sous son meilleur jour.

On sait aussi que l’enfance de Lars a été difficile. Sa mère est morte, et son père était du genre dépressif. Son frère est parti quand il a pu, puis est revenu avec sa femme. Lars est devenu un solitaire, et ce qu’il y a de pire dans la solitude est de devoir s’affronter soi-même. Ce n’est pas parce qu’il a des difficultés relationnelles que Lars est présenté comme un rebus de la société. Chacun compense comme il peut dans sa vie, et le film le montre bien. Son collègue collectionne les actions figures, tandis que Margo (qui aimerait sortir avec Lars) possède des Teddy Bears. La seule différence entre Lars et les autres est qu’il a passé une limite invisible qui fausse la réalité.
Il est dit au début du film que le père de Lars n’aimait pas les contacts, mais Lars le dit lui-même, la différence est que son père voulait voir personne, ce qui n’est pas son cas.

C’est donc au final une étrange surprise. Lars and The Real Girl se révèlent être un film loin du pitch de base, qui joue avant tout sur l’amour, les sentiments et les relations. C’est un mélange d’humour et de drame, de tristesse et de douceur. Un film attachant.

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  • @zoute19 : Bah si, je l'ai fait! lol! Je n'y peux rien mouah, il ne s'y passe rien. 2 weeks ago
  • @Alexander_R : Pour Castle, autrement oui, aussi. Un peu du même avis pour Castle. Avec quota sympathie pour les persos secondaires. 2 weeks ago

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