Revenu dans sa famille pour assister au mariage de son frère aîné, Jamère se trouve en butte au mépris et à l’hostilité de tous à cause de son inexplicable embonpoint. Son père n’accepte pas que son fils soldat laisse libre cours à son appétit et l’accable de son profond mépris ; sa soeur Yaril ne lui cache pas la répugnance qu’il lui inspire et sa fiancée Carsina lui tourne le dos. Nul ne veut entendre son explication : il doit sa corpulence à la magie ocellionne, théorie dont sa part gernienne a du mal à se convaincre. Il a beau travailler comme un forcené aux champs, se priver de nourriture, rien n’y fait pour qu’il maigrisse. Jamère croit avoir touché le fond de l’humiliation le jour du mariage de son frère, où tous ses gestes, toutes ses paroles sont vus comme ceux d’un goinfre incapable de maîtriser sa gloutonnerie. Mais la peste ocellionne n’a pas fini ses ravages…
Comme à son habitude, Pygmalion nous braque. 20,43€ le livre de 300 pages, bien maigre entre nos mains, alors qu’on sait très bien comment sont réellement découpés les romans de Robin Hobb : en 3 tomes. Ainsi, nous sommes déjà au troisième, alors que l’on ne débute que le deuxième tome dans la saga en VO. Triste monde qui nous escroque continuellement. Bon, là bien volontairement, je le sais. En général, j’achète du poche, car le coup des 15€ les 150p, c’est intolérable (ils l’ont fait !) et si les gens continuent d’acheter, Pygmalion va croire qu’il peut continuer à nous escroquer.
Je me suis donc fait offrir ce tome. La saga du Soldat Chamane se laissait lire, jusque-là, mais sincèrement, il manquait le petit quelque chose qui rend les livres de Robin Hobb si bon (et qu’elle avait déjà perdu quasiment tout le long de The Tawny Man, saga assez décevante au final). Là, j’ai vraiment été prise dans l’histoire. On a l’impression que tout démarre enfin, qu’on est revenu au bon vieux temps, que la magie est de retour. La plume toujours légère, les personnages deviennent à la fois plus complexes et plus limpides. On les comprend enfin tous, ou presque, on les aime ou non, comme il se doit. Ici, l’histoire prend enfin son envol, les enjeux deviennent plus proches de nous, plus proches de son héros, et le livre se dévore. Une sensation que j’aime particulièrement, mais qui se fait assez rare. Ce sentiment d’être happé par l’histoire ! Enfin, il est de retour ! Je suis impatiente d’avoir la suite entre mes mains, et les derniers Robin Hobb ne m’avaient pas procuré cette sensation. Je ne sais pas du tout où l’on va, le champ de la prévisibilité parait nous avoir quittés, pour nous emmener dans ces eux obscurs que l’on aime tant.
Je n’ai que du bien à dire de ce tome, si ce n’est que j’aurais aimé avoir la suite, avoir le même découpage que les Américains ou les Anglais, ne pas souffrir dans l’attente de la sortie de la suite.
Vous l’aurez deviné, il s’agit d’une lecture que je recommande chaudement !